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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 12:16

Quelques croquis prévus pour illustrer les contes en patois de
Yves
Fougerousse.

 2CV.jpg coiffeur-pour-dames.jpg 
 carrefour-du-pin.jpg  chantegenet.jpg





  epicerie-briochin.jpg   mat-de-mai.jpg
  hiver.jpg  hiver-montagne.jpg
  l-eveyo.jpg   boudiou-2.jpg
clodomir.jpg  capitaine-retrait-.jpg
 guste.jpg  bebert.jpg
 le-pouda-re.jpg  loge.jpg 
  feu.jpg   petit-coin.jpg
  st-medar-en-donzy.jpg   poele-noire.jpg
  cure.jpg   chat-red.jpg
  l--me-des-ruines.jpg   jeannot.jpg
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Published by JeanPaul42 - dans Patois Forézien
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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 11:00

Octavie, vieille fille, vivait chichement: une vache, quatre chèvres, quelques poules, des
lapins constituaient le cheptel de la ferme, auquel on pouvait ajouter Finette la chienne. Son
voisin Martial, brave homme, lui rendait service quand il le pouvait.


capitaine-retrait-.jpg                                                        Martial


Depuis quelques temps, elle le sollicitait, car la Rousette était amoureuse, éra de biéou (vo lu bo), autrement dit était en chaleur.
Martial mène moi cette bête au taureau, je t'en prie tu n’en auras pas pour deux heures de temps.
Mais Martial, bien occupé avec sa femme, passait un jour, passait un autre, ne faisait rien.
L’an dernier son ami le Pétrus avait mené son bouc pour Mésange et Bergeronette les deux chèvres d’Octavie (qui aimait bien les oiseaux).
Finalement, il conseilla à l'Octavie de faire venir l'inséminateur.
Il fallait en finir. Il faut être moderne que diable ! Octavie ne comprit rien aux explications et
arguments de l'insémination artificielle, ou plutôt, comprit mal l'affaire.
Elle retint qu'il fallait un seau d'eau, du savon, un torchon. Elle chargea Martial de convoquer
l'homme de l'art, qui se présenta le lendemain matin.




























Celui-ci arriva à la Reculas à pied, la route goudronnée n’arrivait pas jusque chez sa cliente ; il enjamba le muret de pierres sèches encombré de débris de char : des grosses barres de ridelle, une échelette de devant, un moyeu de roue : mais qu’est ce que c’est que ce commerce ?
Il s’entrava dans un sillon mal labourée recouvert de chaume et de là aperçut la ferme d’Octavie avec son toit de chaume.
Dès qu'il posa le pied dans la cour de la ferme, Octavie alla au devant de lui et le toisa et lui dit : Ah ! C'est vous le taureau, je ne veux pas voir faire ces sâloperies. La Rousette est attaché dans l'étable.
Le petit volet du fenêtron est ouvert vous ne vous ébornicoterez pas à travailler à
l’aveuglette .Vous trouverez un seau d'eau et un torchon à côté. En entrant à gauche il y a un clou après le trou pour pendre vos culottes. Quand ce sera fini, vous viendrez vous faire payez.
L'inséminateur n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche; sur ces bonnes paroles, Octavie fit demi
tour et, la Finette sur ses talons, regagna la maison. La suite de l'opération s'effectua sans
incident notable.


                                      
Yves Fougerousse

                                                 L'inchéminataïre .

Octavià, viéyà drolà, viviao tchitsamin : younà vatsà, kètrè tchuori, caoki pouli , de lapî
consistuèvion la paradà de la borià, eukine poudièviao adzouta Finetà la tchenà . Son veje
Martial , brève ouome, li rindèviao sarvice can poudiao .
Despéi caoki tin , ila ou solissitèviao , paske la Roussetà éra amourouzà , éra de biéou
(vo lu bo ), aotremin di in tsalour .
Martial mèna me kela bétia eu tôrè , t'in predze . In euri pè pèr doué ouri de tin.
Mé Martial , bian eukiupa oub sa fenà , passèviao én dzour, péï l'aotre, faziao re.
L'an passo soun ami lou Pétrus ayao meno son bou (lou mortchïn,lou broukïn ,lou mèk ).
pér Lardenà ( sutserlà ) é Branlakouo ( bardzèrà ) li douaé tchuori (tsèbri) de l’Octavià ( k’émèvao be lu z euchaô ( au singulier : eussê ).
Finalamin conséyè a l'Octavià de fare venir l'inchéminataïre .
Tsaodiao in tsaba . Tsao esse moderne ke dièble ! Octavià compringuè re an li ésplicachu é
argumin de l'inchéminachu artifisièlà, ou pliuto , compringuè mao l'afar .
Retinguè ke tsaodiao én selou d'aïgà , de sèbon , na panà . Tsardzè Martial de convoca
l'ouome de l'ar , ke se prizantè lou lindemo mati .
Kelu tïe aribè vé la Retchiola ( La Retcholado ) a pé, la routà goudronadà (goudronâ) aribèva pè djusk’a tsé sa pratikà ; indzambè lou cao incombrô de débri de tsar : de palairi (épalantsou) , én èbre de davan (l'étchelètà , lou pa ), én bou ( ïn mouyu ) : mé k’i ako ke kele coumarce ?
S’étracolè dïin na troyà ( la som) atapadà de riteyu ( étrublou ) é d’atïe apèrsevedzè la borià de l’Octavià oub son lou paye .
Dè ke peuzè lou pé dïin la cour de la borià , l’Octavià anè eu devan de lïe é ou toézè é lïe dï :
A , couéi vou lou tôrè ! Ieu vole pè vire far akeli chalouparii . La Roussetà i itatsadà dïin l'itrèblà . Lou contravintou dao fenètron i badô :
vou zibornicoteré pè a trabaya a zazieutà .
Trèperé én seliou d'aïgà é in bouécho mouo ( tortsou , boduchon) a coutia . In intran a mansà (gôtsà ) , ou nio én kiavèr aprè lou traou ( partiu ) pèr pindre votri brayi . Can co sera tsaba vindré vou fare péya .
L'inséminatour agu pè lou tin de bada la boutsà , soubre keli bouni paoroli , l’Octavià faguè én
dïemi viron é la Finetà soubre su talon , reganiè la méïzou . La chuëtïà de l'opérachu s'efectuè sin inchidin notèble.

Vocabulaire : la bual , la rigole ; le bualon : une petite rigole, la bualotà : un postillon (et aussi d'autres projections comme une étincelle) ; la bualadà la traînée d'une rigole, la bualaéri la rigole par elle même.
A zazieute : à l’aveuglette ; s’éborniquoter : s’abîmer la vue en travaillant dans un lieu mal
éclairé


Yves Fougerousse

 
Quelques conseils de prononciation ici

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 18:00
En retrait du chemin ou ne passaient plus que des ombres, la maison en ruines se tenait, comme honteuse dans son délabrement.
Le toit s'était effondré depuis longtemps sans doute, mais la poutre maîtresse et une panne intermédiaire, reliant ce qu'il subsistait des deux pignons, restaient encore à leur poste. D'autres poutres et des chevrons s'étaient abattus çà et là, parmi les pierres de taille et les moellons amoncelés en désordre.
Dérisoire, un volet pendait, encore accroché par un gond à l'encoignure d'une fenêtre. L'encadrement de la porte en ogive attestait de l'opulence passée de la demeure.
C'était sans doute au temps de sa splendeur, une bâtisse qui faisait s'écrier à ceux qui la découvraient : "Oh la jolie maison ! Comme ils doivent être heureux ceux qui vivent là."
Personne n'y vivait plus depuis longtemps, à en juger par la taille des arbres qui prospéraient entre les murs croulants.
La nature, patiente et têtue, avait repris ses droits. Un grand frêne régnait dans une espèce d'appentis accolé à la demeure.
Un sureau occupait tout le vestibule et les ronces et les clématites sauvages, s'enchevêtraient dans ce qui avait dû être la pièce principale..

Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines a justement remarqué Chateaubriand. Assis contre un pan de mur encore solide, à la douce chaleur d'un soleil de printemps, je cédais donc à l'étrange fascination qu'exerce sur nous le spectacle de ce qui retourne au néant.
Combien de gens, pendant combien de siècles, avaient vécu ici ? De scènes de bonheur, de quelles souffrances, de quels drames avaient ils été acteurs dans ces lieux ? Je m'attendais presque à voir, comme l'indien qui gardait prisonnier Chactas délivré par Atala, l'âme des ruines errer parmi ces blocs branlants.
Et tout à coup, je la vis, l'âme des ruines ! Elle s'extirpa sans hâte d'une faille entre deux pierres, déroula lentement ses anneaux que le soleil faisait briller comme un bijou. De ma place, je voyais nettement son nez retroussé, sa pupille fendue verticalement qui jetait vers moi un regard inquiétant.
Comme je restais aussi immobile qu'une statue, la vipère se désintéressa de ma personne, longea sans se presser la pierre du seuil et disparut sous une poutre abattue. Je me levai et en regardant où je mettais les pieds, m'éloignais, confus d'avoir troublé la quiétude du nouvel hôte de la demeure.


                          L'amà de li ruini.
In retrè de lou tsami vonte passèvion pru ke d'ombre, la maézou in ruini se tenioa, couma vérgouniouza dïin son dilabramin.
Lou couvar éra ifondra despéï lontin sin douta, mé la poutrà métrèssà é na panà intèrmédièrà, relian co ke subsistèvao de lu du piniou, restèvon inkèra a lur poste. D'aotri poutri é de tsèvru s'éron abatiu co é laï, intremi li paéri de tayà é lu moèlu amoncela in bazacle.
Dérijoire, én contravin pindiao, inkèra acrotsa par én gon a l'incoéniura de na fenètrà. L'incadramin de la puortà in ogivà atestèvao de l'opulinsà passadà de la demourà.
Couéra sin doute an lou tin de la splèndourà, na batissà cao faziao s'icredè a kelu k' ou dicouvrèvon : o la dzantïa maézou ! Couma devon ésse eurou kelu ke vieuvon atïe !
Degu n'i vieuvao pru despéï lontin, a in dzudzè par la tayà de lu z èrbri cao prospérèvon intre lu paré croulan.
La tsampalà, pachièntà é dzavornià, ayao tournaïo prindre su droé. Én gran franïe rénièvao dïin n'éspéssà d'apinti acolô a la demourà.
Én sayou eucupèvao tou lou vestibule é li ronci é li clématitè seuvadzi, s'intsevétrèvon dïin co k'ayao diu esse la pièssà princhipalà. Trétu lu z omi an én checrè atrè par li ruini a dzustamin aremarca Chateaubriand.
Asseta contre én pan de mur inkèra cheulide, a la doussà tsalourà d'én souléï de primà, cédèvao donc a l'itrandzà fachinachu k'éxersa soubre nouzotri lou spectacle de co ke retourna an lou néan.
Cante de monde, pindin cante de chièclïi ayon vékiu atï?
De sènà de bonour, de kini soufransè, de kine drami ayon ita actour dïin kelu lio?
M'apitève kèje a vir, couma l'indian cao gardèvao prijonié lou Chactas délivro par lou Atalas, l'amà de li ruini éra parmi kelu bloki branlan.
É tou par én cô, la vezeguè, l'amà de li ruini ! S'extirpeguè sin ata de na fayà intre douaé paéru, diroulè bélamin su aniô ke lou souléï faziao briyè couma de bidzou.
De ma plèassà, vezèvao nétamin son na retroussô, sa pupiyà findiuda verticalamin cao djitèvao vé ieu én regar inkiètan.
Couma restève euche imobile ke na setatiu, la vipèrà se dizintéréssè de ma parsounà, londzè sin se pressè la paérà dao séï é dispariuguè sou na poutrà abatiudà. Me louvèvao é in regardan vonte betave lu pé, m'éloiniève, confu d'avir troubla la kiètiudà de lou nouvél ôte de la demourà.



Yves Fougerousse

Quelques conseils de prononciation ici
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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 14:15


Avant guerre, les croissants de l'épicerie Briochin étaient réputés dans toute la ville.
Ce n'était pas Auguste, le patron qui les fabriquait, non. Chaque matin à six heures, le commis de la pâtisserie du boulevard venait lui en apporter une pleine corbeille, fumante et odorante. Le mitron était accueilli par le matou de la maison qui venait amicalement se frotter à ses jambes.
Bonjour, Auguste. Cinq douzaines, comme d'habitude!

Invariablement, le fumet des croissants envahissant la rue faisait se lever, voire se découtir les gens qui mettaient aussitôt le café à chauffer et couraient chez Auguste, une pièce à la main.
Pendant une heure, la boutique était emplie de clients. C'est quand même ici que l'on trouve les meilleurs croissants! Glissait madame Branchu à l'oreille de sa voisine.
Ici et chez le pâtissier Tonin qui les fabrique, tout de même! Répliquait l'autre.
Je ne sais pas comment ça se fait, ce sont les même mais je trouve qu'ici ils sont meilleurs! Et au moins ils sont toujours bien chauds. Je me demande comment Auguste s'arrange pour que ses croissants aient toujours l'air de sortir du four! Vous le savez, le croissant est une denrée éminemment périssable. Chaud, il est délicieux, tiède il est quelconque, froid il devient insipide et indigeste. Et pourtant, le commerçant qui a sur les bras des croissants de la veille est bien obligé de les vendre.
Il se garde bien de les servir à un client attitré, les réservant pour l'inconnu qui passe. Il y en a qui les repassent au four, aujourd'hui c'est aisé et très efficace mais alors c'est bien compliqué et Auguste ne s'y serait pas essayé. Il avait sans le vouloir trouver un moyen beaucoup plus astucieux.

Et voici comment le manège a été découvert. Je vous ai dit que chaque matin le commissionnaire pâtissier était accueilli par le gros chat de la maison, lequel s'appelait, inexplicablement Médor!
Ce jour là, Médor le chat n'était pas accouru au devant du garçon. Fort étonné de son absence, il était en train de l'imaginer malade ou même mort lorsque l'épicier apparut sur la porte. Son regard dibeubiyou fit le tour de la boutique et se posa sur la corbeille ou il disposait ses croissants.
Le chat sans doute fatigué par une partie de chasse, dormait profondément sur le doux matelas des croissants de la veille. Il s'était oublié dans son somme, l'animal!
Et son maître agromandeu eut beau faire: fute! fute! Et invectiver ce bandit de Médor, le petit mitron ne fut pas dupe. Il avait comprit que le matou avait dans la corbeille sa couche habituelle dont il payait le loyer en tenant en permanence les croissants au chaud! Un peu aplatis mais à 40°, température ordinaire des chats bien portants!
Comme vous le pensez, le petit pâtissier ne tint pas le secret des croissants chauds de l'épicerie Briochin. C'est ainsi que nous pouvons vous la raconter sans risques: il y a prescription!


                                
Goulichà : lu croissan tsao.

Avan guiarà, lu croissan de l'épicerio Briochin éron riputo dïin touta la vièlà. Couéra pè lou Gustou, lou patrou (ganè), k'ou fabrikèvon, non. Tsèc mati a séi ouri, lou comi de la patisserio dao boulevar veniao lïe in pourta saï én ple paya, fuman, é odouran .
Lou mitrou éra akeuyi par lou matou de la maézou ke veniao amicalamin se frota a si tsambè .
Boudzour, Gustou. Chin doudzènè, couma de coutiumà!
Pè variablamin, lou fumè de lu croissan invahissan la tsarèrà faziao se louva, vere se dicoutir lou monde ke betèvon teucheto lou café a tsaofè é courion tsè lou Gustou , na pièssà a la mo .
Pindin younà ourà, la bouticà éra implidà de pratiki.
Couéi can méme atïe ke trèpon lou mèyuri croissan ! Icalèvao madama Branchu a l'eurèyà de sa vejina . Atïe é tsé lou patissaïre ( patissié ) , lou Tonin cao ou fabriqua, tou de même ! Riplikèvao l'aotra .
Sèbe pè coji co se fa, mé trèpe k'atïe son méyuri. É eu muin, son toudzour bian tsao. Ieu me demande coji (couma) l'Auguste s'arandza par ke su croissan ayon toudzour l'ar de sortir dao four!
Ou sèbié, lou croissan i na dinradà éminamin périssablà. Tsao i déliciou, tiède i kèlconke, fri devin inchipide é pè dijèste.
É pamaï lou comèrsan k’a soubre lu brè de croissan de la vèyà i be oblidza d'ou vèndre. Se guèrda bian d'ou sarvir a én pratic atitrô, lu rizarvan par lou pè couniu cao passa.
Ou nio k’ou tourna passa an lou four, anaé couéi éza é tra éficace mé alora couéra bian complica é lou Gustou s'i seryao éssedza. Ayao sin ou vouloir trèpa lou biè biôcou ma astuciou.
É vétïe coji lou manèdze fuguè dicoubar. Vou aé dï ke tsèc mati lou coumichionaïre patissaïre éra akeuyi par lou greu tsè de la maézou, loucune se sounèvao pè explicablamin Médor!
Akeu dzour tï, Médor lou tsè éra pè accouru eu davan dao drolou. For itouna de soun'absincia ilou éra in trèn d'ou imadzina malaote ou méme pire , mor can l'épiciaïre aparu soubre la puortà.
Son regar dibeubiyou faguè lou tour de la bouticà é se pouza soubre la corbèyà ou dispozèvao su croissan . Lou tsè sin doute fatigô par na partidà de tsèssà , durmèvao prigondamin soubre lou dou matela deu croissan de la vèyà.
Ilou s'éra ichubla dïin son som, l'animèl!
É lou Gustou agromandou agu biau fare : fute, fute ! é invèctiva keu bandi de Médor, lou mitrounetou fuguè dji dupe. Ayao compri ke lou matou ayao dïin lou paya sa coutchà coustumièrà don pèyèvao lou loyé in tenan in permaninsà lu croissan eu tsao! Én pao aplati mé a 40°, timpératiurà eurdinarà deu tsè bian pourtan!
Couma ou pinsé, lou patissaïretou tèn dji lou checré de lu croissan tsao de l'épicerio Briochin. Couéi aïtal ke poudin vou ou raconta sin riski: ou nio préscripchu!



Piata: faire des traces de pied (ex sur un carrelage mouillé); dedado: trace de doigt; découtir: sortir prestement du lit; dibeubiyou vient dibeubiya: enlever la chassie des yeux, on peut dire aussi dépikeurla; agromanda: faire vilain, être en colère.

Yves Fougerousse


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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 18:55
                                           
L'instant le plus délicieux d'un jour de janvier, ce n'est pas l'aube. L'aube est grise, froide interminable et cafardeuse. Ce n'est pas non plus l'arrivée du soleil, quand il y en a: c'est le moment le plus froid de la journée, et ses promesses sont souvent démenties une heure plus tard, quand des nuages venus d'on ne sait où, voilent le soleil et ramènent la grisaille. Ce n'est pas l'après midi, même si elle est lumineuse: la bise y règne despotiquement, et puis ses heures ensoleillées sont si brèves en cette saison.

Non le moment le plus délicieux d'un jour de janvier c'est le crépuscule. L'air est si calme, limpide et pur, transparent comme du cristal. Les distances semblent s'abolir. On toucherait du doigt la montagne d'en face. On discernerait les plus fines ramilles des chênes qui peuplent la colline d'en face.
Le coteau fauve se colore de vieux rose, puis en quelques minutes se teinte de mauve, puis de violet. C'est une féerie que cette transformation patiente mais inéluctable, ce changement tout en douceur, émouvant comme un adieu. Le ciel lui, accuse sa couleur, azure son bleu, se prépare à piquer, sur son écrin de velours, sombres, ses diamants d'étoiles.
Le silence règne. Il est palpable comme une étoffe. Il fait bloc. Seul le perce de temps à autre l'aboie lointain d'un chien ou les notes pétillantes d'un rouge gorge qu'étreint la mélancolie du soir qui vient.
Une graulhe attardée passe, voyageuse solitaire qui rame l'air consciencieusement .Elle file droit, d'un vol régulier, vers un but précis qu'elle seule connaît. Elle laisse tomber de loin en loin un cri nostalgique qui semble venu du cœur même de l'hiver.

Le jour s'enfuit. Mais avant de disparaître, il nous laisse un présent: ce soir il nous octroie une minute, ou deux, de plus que le jour précédent. Qu'est ce qu'une minute ou deux? Celles ci grignotées imperceptiblement sur la nuit, sont particulièrement précieuses. Chaque jour renouvelées, elles matérialisent l'ascension vers la clarté à laquelle nous aspirons tous. Il n'y a pas de doute: c'est en observant la tranquille progression de la lumière par les tristes jours de janvier, que les hommes ont inventé l'espoir.

                               
Crépuscule de dzouanvia.

Lou moumin lou ma délichou d'én dzour de dzouanvia, couéi pè l'aobà. L'aobà i grizà, fridà intérminèblà é cafardouzà. Couéi pè non pru l'arivadà de lou souléï, can i nio: couéi lou moumin lou ma fri de la dzournadà, é si promèssi son souvèn dimintidè younà ourà pliu tar, can de nuèdzi vingu de vonte sèbe ou, voèlon lou souléï é ramenon la grizayà. Couéi pè la tantéï (pranièrà), méme ch’i luminouzà: la bizà i rènia déspoticamin, é péï si ouri insoulayadè son che brèvi in akela sézu.
Non lou moumin lou ma délichiou d'én dzour de dzouanvia couéi lou crépuscule. L'ar i tan calme é piur, transparin couma de cristèl. Li distanci chèmblon s'abolir. Toutseryon dao de la montanio d'in fétchà. Dicèrneryao li pliu finè ramiyè deu tsèni ke peuplon la colèrà d'in fètchà.
Lou coutè fôve se colorè de vé roze, péï in caoki miniuti se tinta de môve, péï de vieulè. Couéi na fadariao ke kela transformachu pachièntà mé inèluctèbla, keu tsandzemin tout in doussourà, imouvan couma én adieu. Lou syè se, akiuza sa coulourà, adzurà son bliu, se prépara a pika, soubre son écrin de velour sombri, su diaman d'itièli. Lou chilinse rénia. I palpèple couma n'itofà.
Fa bloc. Su ou pèrça de tin z a aotre lou dzapamin luintin d'én tche ou li noti pétiyanti d'én roudze gordze qu'étrenïa la mélancolio d'én si cao vèn. Na grôlïà atardadà passa, voyadzouzà solitaïrà cao rama l'ar conchiènssiouzamin. Fila dri, d'én vol régulio, vé én bu préchi ke soulà counissa. Léssa tomba de luin in luin én cri nostaldjic cao chèmble vingu dao keur méme de l'uvar.
Lou dzour s'infudza (inseuva). Mé avant de disparètre, nou léssa én prézan: kite si nou octroia na miniutà, ou douaé, de ma ke lou dzour préchédin. De k’ i k'youna miniutà ou douaé? Keli tï griniotadè impèrsèbtiblamin soubre la néï, son particulièramin préchiouzà. Tsèc dzour renouvéladà, matérializon l'assinchu vé la cliarto a lakina nou aspirin trétu. Ou nio dji de doute: couéi in obsèrvan la trantchilà progréchu de la lucià (lumièrà) par li tristi dzouri de dzouanvia, ke lu z ouomi an invinta l'espoir.

Yves Fougerousse



Quelques conseils de prononciation ici
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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 18:11

Il y a quelques mois j'ai été contacté par Yves Fougerousse qui me demandait de lui fournir quelques illustrations pour ses petits récits en patois forézien.
Il m'autorise à en éditer quelques uns que vous retrouverez au fil des prochains mois.
On peut retrouver ses leçons de patois forézien ici
Vous trouverez ci dessous des conseils pour la prononciation.


Le patois forézien, par Yves Fougerousse

Le patois forézien, par ces mot j'entends ceux de la zône d'influence de Saint Etienne (la tombadà de vé San Tchève), la zone humaine : les clubs de foot et de basket de Viverol (63), Bas (43) et Andrézieux (42) jouent dans les même poules.
Le Francoprovençal ou arpitan (100 communes de la Loire) et l'Occitan (100 communes : Loire 40 , Puy de Dôme 20 , et Haute Loire 40) s'y mèlent. 
Cette zône s'étend sur 80 km, de Noirétable à Bourg Argental et large de 15 km au Nord à 30 au sud de cette ligne. Notre petit pays est environ 400 fois plus petit que la France, 160 fois plus petit que l’Occitanie et 40 fois plus petit que l’Arpitanie.




Prononciachu,  prononciation: la méme k’in francé a par, idem qu'en français sauf :
1) ï après les consonnes : kï, lï etc… comme dans Kioto, Lyon ; les diphtongues aï, oï etc… comme dans ails, boy.
3) s et ch devant a, o , ou (uniquement en début de mot) comme le th anglais de think.
4) à entre a et o; rr roulé comme le j espagnol, la diphtongue ë se prononce è e ; â, û , î, ô, ê. lorsqu’ils désignent des pluriels sont des voyelles longues: ââ ,ûu.
5) an, on, un , in, au pluriel se prononce ane , one , une , ine ; ân, în, ôn sont les sons an, in, on du français normal.
6) Les sons, ouan : ou-an , ouo : ou-o ; oé : o é , ué: u é ; an : é-an , un : eu-un , in : eu-in sauf le in de dïin é-in (in fermé de la Haute Loire), on : eu-on .
8) L’accent sur l’avant dernière syllabe comme dans tout le midi contrairement au français où il est sur la dernière.


                                                      D
ésinences

 

Présent

Passé

défini

Indéfini

1

Futur

Conditionnel

indéfini 2

Subjonctif

Impératif

je

e,u,ou

e,u,ou

e,u,ou

aé, ë

ia

e

e,u,ou

tu

i

i

i

é

ii

i

a

il

ô

è

a

a

iao

ô, a

ô

nous

in

in

in

in

ïin

in

in

vous

é

é

é

i

ïé

é

é

ils

on

on

on

an

ïon

on

on

nous 2

eu

eu

eu

eu

ïeu

eu

eu

vous 2

ioé

eux 2

oun

oun

oun

ouan

ïon

on, an

oun





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